La pollution des eaux de surface par la terbuthylazine

Question écrite à Monsieur Carlo Di Antonio, ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports, du Bien-être animal, sur la « Pollution des eaux de surface par un herbicide, la terbuthylazine ». Le SPF Santé Publique et Environnement vient de publier un communiqué de presse sur le site officiel Phytoweb pour annoncer que, dorénavant, l’utilisation de terbuthylazine – un herbicide utilisé presque exclusivement sur les cultures de maïs – en agriculture engendrerait la mise en place obligatoire d’une bande enherbée de 20 mètres de largeur le long des eaux de surface (naturelles ou artificielles) et des surfaces imperméables connectées aux eaux de surface.

La mise en place d’une bande enherbée entre la culture, traitée à la terbuthylazine, et une eau de surface a pour but de limiter le risque de contamination de cette eau de surface en favorisant la rétention des particules de sol contaminées ainsi que l’infiltration des eaux de ruissellement provenant de la culture. Cette décision fait suite à la présence trop importante de TBZ dans les eaux de surface.

Monsieur le Ministre connaît-il les teneurs de ce produit dans nos eaux de surface, en Wallonie ? Ces taux représentent-ils un danger ? Quelles sont les conséquences éventuelles sur la santé de nos concitoyens ?

Réponse de Monsieur Carlo Di Antonio, ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports, du Bien-être animal. La teneur du terbuthylazine est mesurée dans nos eaux de surface. 436 mesures ont été effectuées pour ces trois années. Voici les résultats obtenus pour les années 2012 à 2014. Ces mesures ont été comparées aux valeurs de référence calculées par l’INERIS en France. L’INERIS fixe à 0.06 μg/l la valeur moyenne annuelle à ne pas dépasser et à 0.3 μg/l la concentration maximale admissible pour que le risque environnemental soit acceptable.

Au sein de nos 436 mesures wallonnes, 71 d’entre elles ont montré une concentration moyenne annuelle supérieure à la valeur moyenne annuelle calculée par l’INERIS et 65 d’entre elles ont montré une concentration maximale supérieure à la valeur de référence maximale. Pour la seule année 2014, il y a 14 dépassements de la valeur moyenne et 17 de la valeur maximale.

Il y a donc urgence à intervenir et je compte interpeler les utilisateurs potentiels pour l’année 2016 afin qu’ils fassent preuve d’une extrême prudence et examinent toutes les alternatives. Les valeurs de référence proposées par l’INERIS évoquées ci-dessus concernent le risque pour les organismes aquatiques présents dans les eaux de surface (poissons, invertébrés et algues). La substance est très persistante dans l’eau et les algues y sont les plus sensibles.

La substance est classée irritante pour les yeux et les voies respiratoires (Xn, R22), mais ce risque ne concerne que les professionnels qui manipulent des produits concentrés. La substance est en effet non volatile et il faudrait absorber 280 litres de l’eau de surface la plus chargée en terbuthylazine pour avoir un effet sur la santé d’un citoyen d’après la dose journalière acceptable qui est fixée à 0,004 mg par kg de poids corporel et par jour.

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