Pont des Trous : le capharnaüm politique tournaisien

Au vu du capharnaüm politique tournaisien autour du dossier « Seine-Escaut », et des inquiétudes légitimes de la population concernant l’impact de l’élargissement sur sa ville, j’ai réinterrogé le Ministre wallon des Travaux publics et des Voies hydrauliques, Maxime Prévot, ce mardi en Commission du Parlement de Wallonie. Le Ministre se veut rassurant envers la population : elle sera entendue au sein du comité d’accompagnement et recevra les réponses techniques justifiant le sur-élargissement de la traversée de Tournai. J’espère des réponses rapides et objectives ainsi qu’une reprise sincère du dialogue de la part des autorités locales.

Suite à la surenchère journalière d’attitudes et de déclarations divergentes de la majorité tournaisienne PS-MR sur le dossier « Seine-Escaut », à laquelle assiste, médusée, la population tournaisienne, j’ai adressé plusieurs questions au Ministre Prévot : « Quelle valeur donnez-vous à la parole donnée par la majorité communale tournaisienne ? Le collège dans son intégralité valide-t-il toujours l’accord conclu ? Pouvez-vous, une nouvelle fois, réaffirmer les points de l’accord afin d’éclaircir l’esprit des citoyens tournaisiens ? Ainsi que vous vous y êtes engagé, avez-vous pu confirmer par écrit au collège tournaisien les raisons techniques qui rendent indispensables le sur-élargissement de l’Escaut à un gabarit Vb à certains endroits ? »IMG_3317

Dans sa réponse, le Ministre réaffirme souhaiter « une relation fiable, crédible et non-versatile avec l’autorité locale », et se positionne en garant de l’aboutissement de ce projet d’intérêt général « qui ne saurait souffrir de querelles locales dont les intentions initiales sont peut-être fort éloignées de la réalisation du projet en lui-même. »

Lors de la réunion en son cabinet le 25 janvier dernier, Madame Marghem et Messieurs Demotte et Delannois ont adhéré à un processus d’écoute et de participation citoyenne dont la mise sur pied leur a été confiée. Un comité d’accompagnement triparti regroupera des représentants politiques de tous les partis élus au Conseil communal, des responsables techniques dont des experts de la DGO2 et des représentants de la société civile. Ce comité, qui doit être constitué pour fin février, se réunira autant de fois qu’il l’estime nécessaire jusqu’au 30 juin afin, notamment, d’analyser, de débattre et de retenir la nouvelle esquisse du Pont des Trous, en pierre, qui sera soumise ensuite par le Ministre et son administration à la révision du Certificat de Patrimoine. A défaut de ce signal clair de la part des Tournaisiens pour le 30 juin, la Wallonie devra trancher par l’intermédiaire du Ministre.

« Entre temps, ce sont les acteurs de Tournai qui auront la main », précise le Ministre, qui confirme sa volonté de tenir compte de l’avis des citoyens et des autorités locales, comme il l’a fait suite à la consultation populaire.

Sur la question spécifique du sur-élargissement de la voie d’eau en débat actuellement, le Ministre confirmera, par écrit, au Collège communal « à grands renforts d’expertises jointes, qu’il n’entre nullement dans les intentions de la Wallonie, à la lumière des travaux envisagés, de s’inscrire dans une démarche de passage de bateaux Vb. » La volonté serait uniquement, poursuit-il de permettre dans des conditions de navigabilité et de sécurité appropriées, le passage de la classe Va. « L’élargissement envisagé l’est à la lumière de considérations exclusivement techniques, qui ne sont pas une « zin » politique, et la meilleure preuve c’est que, de toute manière, en amont comme en aval, il y a d’autres contrariétés matérielles qui empêcheraient le passage de gabarit de type Vb. »

En conclusion, le climat est tendu actuellement à Tournai, et l’inquiétude générée dans le chef des citoyens, qui ont réagi à l’enquête publique pour la plupart avec des propositions constructives de modifications des abords et des berges. L’absence de dialogue suite à ces remarques génère une frustration bien légitime de la part des citoyens. Il s’avère urgent et nécessaire d’apporter des réponses objectives pour confirmer ce besoin d’élargissement maximal de l’Escaut, et de rabotage maximal du quai Saint-Brice, si nécessité réelle il y a… Ce dont je ne demande qu’à être convaincue, tout comme de la qualité des aménagements urbains de bords d’Escaut.

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