Les projets de géothermie en Région wallonne

Question du 16 juin à LACROIX Christophe, Ministre du Budget, de la Fonction publique, de la Simplification administrative et de l’Energie

Monsieur le Ministre, je voulais faire un petit peu le point.
On sait plus que jamais l’importance de développer les énergies renouvelables. La géothermie est une
source d’énergie alternative qui peut être extrêmement intéressante d’un point de vue local. Je n’habite pas très
loin de Saint-Ghislain. Je continue donc à me poser la question : pourquoi en parle-t-on autant, mais ne la voit-on
pas surgir concrètement, cette énergie ? Ces dernières années, des projets pilotes ont déjà été lancés dans notre Région et je voulais faire un peu le point avec vous sur ces projets ainsi que les autres potentialités.
Est-il possible de chiffrer le potentiel géothermique exact dans notre Région ? Quelle est votre position par
rapport à ce mode d’énergie ? Quels sont les différents projets en Région wallonne réalisés et peut-on disposer
de leur évaluation ? Quels sont les projets à venir ? Quel soutien la Wallonie apporte-t-elle à ces
projets ? Quelle est la stratégie du Gouvernement en cette matière ? Peut-on évaluer les éventuels impacts sur
le sous-sol de ces techniques utilisées ? D’une manière générale, quels sont les obstacles principaux pour la
géothermie en Wallonie et les pistes de solutions pour y répondre ?
La Faculté polytechnique de Mons travaillait sur le dossier, mais j’avoue que je ne sais pas du tout où l’on
en est. J’avais fait mes études, il y a un certain temps, là-bas, on en parlait. Je ne sens pas plus de
concrétisation maintenant. Je ne sais donc pas si vous pourrez me donner des nouvelles à ce propos.

Réponse de Monsieur LACROIX Christophe, Ministre du Budget, de la Fonction publique, de la Simplification administrative et de l’Energie

Madame la Députée, vu la faible connaissance du sous-sol wallon, il n’est malheureusement pas possible de chiffrer avec précision le potentiel de la géothermie profonde en Wallonie. Par contre, mon administration m’informe que la carte des zones d’intérêt géothermique en Wallonie pour les grandes profondeurs est disponible sur le site Internet
energie.wallonie.be. En 2011, le Gouvernement wallon a approuvé et validé le cadre intitulé Étapes vers un cadre incitatif adapté au développement de la géothermie profonde en Wallonie. Ce cadre visait la mise en place de projets
pilotes et la réalisation de différents projets pour le développement de la géothermie profonde.
Deux projets pilotes ont été attribués à deux porteurs de projets :
– l’intercommunale IDEA, pour la géothermie profonde, basse énergie, exploitant le potentiel
montois en vue d’un usage pour le chauffage urbain collectif par réseau de chaleur au niveau
de la gare de Mons. Ce dernier a, malheureusement, dû être abandonné ;
– la société Earthsolution pour la géothermie profonde, moyenne énergie, aux fins de
production d’électricité, éventuellement couplée à une exploitation de la chaleur
distribuée via un réseau de chaleur. Ce dernier est en attente d’un partenariat financier.
En outre, dans le cadre du Fonds européen de développement régional 2014- 2020, deux projets de
recherche ont été accordés à l’intercommunale IDEA sur le développement de la géothermie profonde :
– Geotherwall – Doublet 1, qui vise le développement d’un réseau de chaleur alimenté
au départ d’un doublet géothermique. L’emplacement prévu pour le creusement des
deux puits constituant le doublet et la construction de la centrale géothermique est le
quartier de la Porte de Nimy, qui est situé au nord-est de Mons. Le montant alloué au projet
est de 14 343 954 euros ;
– le projet MORE-GEO qui a pour but le développement d’un modèle de gestion de la
ressource géothermique à l’échelle du réservoir géothermique des calcaires carbonifères sur le
territoire du Cœur du Hainaut. Le montant alloué au projet est de 1 734 736,10 euros.
Quant aux obstacles au développement de la géothermie, ils se composent :
– du coût à l’investissement, qui reste encore très élevé ;
– du risque d’échec de la ressource, notamment en Wallonie, vu que notre sous-sol est mal connu ;
– du risque financier, qui demeure conséquent.

Il est enfin important de relever qu’un marché relatif au développement d’un cadre juridique pour la
géothermie profonde est en cours, en partenariat avec la DGO3. Au terme de l’étude, des solutions adaptées
seront proposées en gouvernement pour validation.

Réplique de Véronique Waroux 

Merci beaucoup, Monsieur le Ministre. C’est vrai que, malheureusement, sans gare
de Mons, on n’a pas besoin de chauffage. Cela est bien dommage parce que c’était une belle occasion de
valoriser. Nous comptons beaucoup sur l’IDEA pour avancer. L’IDEA, j’imagine, collabore certainement avec la
Faculté polytechnique de Mons. On a deux projets, dont l’un est stoppé et l’autre est
en attente de partenariat financier. Concernant les projets de recherche, je suis
impressionnée par le montant alloué pour l’IDEA à la Porte de Nimy : plus de 14 millions d’euros, si j’ai bien
compris. Cela, au moins, c’est un bon signe. Toutefois, on a vraiment l’impression de parler de
géothermie comme de faire ressortir les dinosaures de Bernissart. Là aussi, c’est un autre fantasme que
d’essayer d’en tirer profit. On comprend bien les obstacles, il n’empêche que
cette énergie est présente. Lorsque je vois l’argent que l’on dépense ailleurs pour les sables bitumineux et
autres extractions d’énergie fossile, on devrait essayer, par rapport aux efforts financiers, d’encore plus
investiguer dans ce sens et le lancement d’un marché pour le cadre juridique est, me semble-t-il, une très
bonne chose. Je vous en remercie.

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