Proposition de résolution soutenant le travail de mémoire de la Bataille Gembloux-Chastre (10 mai 1940)

Proposition de résolution cosignée par Anne Lambelin, Véronique Waroux, Christiane Vienne et Hamza Fassi-Fihri, soutenant le travail de mémoire de la Bataille Gembloux-Chastre (10 mai 1940). Alors qu’aujourd’hui, plus qu’hier encore, le devoir d’histoire et le travail de mémoire sont nécessaires. Alors que le Gouvernement entame la plus grande réforme que l’enseignement francophone et que nous connaissons des temps troublés, il semble essentiel de mettre en avant les faits traduisant la solidarité multiculturelle, notamment en regardant dans notre histoire.

C’est pourquoi, les auteurs de la présente proposition de résolution souhaitent que la Fédération Wallonie Bruxelles renforce sa stratégie visant à valoriser le travail de mémoire d’un évènement particulier qui est la Bataille de Gembloux-Chastre où les combattants marocains et algériens combattirent dans les rangs alliés. La démarche ne se veut ni unique, ni exclusive d’autres démarches.

Cette époque est malheureusement celle où certains propos racistes et xénophobes se banalisent. Tant dans le monde réel que dans l’espace virtuel. Ce climat de sourde violence et d’irrespect de l’autre se répand dans tous les espaces, alimenté par une forme de culture du « clash et du « buzz ». Les premières victimes de ce phénomène sont la jeune génération, sans cesse témoins de ces violations des valeurs démocratiques.

Dès lors, il apparait d’autant plus essentiel de rappeler et d’enseigner une des valeurs fondamentales de notre société : le respect. Celui-ci permet d’échanger des opinions différentes sans crainte d’être mal considéré voire maltraité en retour. L’écoute, l’analyse des arguments et la confrontation constructive des idées constituent le cadre nécessaire pour faire émerger, ensemble, des solutions à la complexité de ce monde et le faire ainsi progresser. La tâche est immense mais il est primordial de permettre à nos enfants de s’emparer de cette valeur et de toutes les autres valeurs qui fondent nos démocraties.

Ces éléments sont déjà le sujet d’une réelle réflexion via notamment le cours d’éducation à la Philosophie et la Citoyenneté. mais également dans le nouveau domaine d’enseignement visant l’apprentissage de l’engagement ainsi que de la volonté de poser des choix. Cette réflexion sur la citoyenneté ne concerne évidemment pas seulement l’école et les jeunes générations mais également l’ensemble des intervenants associatifs ou institutionnels.

Par ailleurs, la présente proposition s’inscrit dans la question plus large du devoir de Mémoire et de son amélioration constante, afin de s’assurer que les jeunes générations gardent la conscience des conflits passés. Dans ce cadre, il nous semble positif de mettre en lumière la solidarité des peuples particulièrement à l’heure du retour des mouvements nationalistes, notamment dans nos pays européens. Dans cette perspective, nous souhaiterions mettre ici en exergue un événement parfois trop méconnu de notre histoire nationale : la bataille de Gembloux-Chastre.

Certes toutes les batailles ont en commun l’effroi et la mort et chacune a ses spécificités militaires, tactiques, ses justifications, ses conséquences qui justifient leur éventuelle évocation au sein de la classe. La Bataille de Gembloux se distingue néanmoins par une caractéristique particulière. En effet, ce fut non seulement la première bataille de chars mais ce fut surtout l’exemple de la multi-culturalité des hommes engagés contre l’assaut allemand. Parmi ces hommes, des Français, des Belges, des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des Sénégalais,… venus quelques fois de loin, arrachés à leurs proches et à leur terre. Ils étaient catholiques, agnostiques, musulmans, laïques, athées, etc.

Ainsi développer des outils pédagogiques et les mettre à disposition notamment des enseignants, pourrait constituer une manière intéressante de démontrer comment les hommes se sont battus ensemble pour une même cause, main dans la main. En effet, aujourd’hui c’est un nouveau type de bataille qu’il nous faut gagner : celle d’autres solidarités, celle de l’intégration, celle de la multi-culturalité de nos sociétés.

La démarche des auteurs de la présente proposition de résolution s’inscrit donc pleinement dans la démarche initiée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles à travers sa politique de transmission de mémoire avec le décret relatif à la transmission de la mémoire des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des faits de résistance ou des mouvements ayant résisté aux régimes qui ont suscité ces crimes du 13 mars 2009 et de sa politique instaurant un cours d’éducation à la philosophie et la citoyenneté. Encourager les bonnes pratiques en la matière semble donc une évidence.

Si, pour les raisons évoquées ci-dessus, la présente résolution vise la Bataille de Gembloux, il va de soi que cette démarche de mise à disposition d’outils pédagogiques pourrait être déclinée sur de nombreux autres moments historiques, pour peu que le Conseil de la transmission de la mémoire en souligne l’intérêt.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION SOUTENANT LE TRAVAIL DE MÉMOIRE DE LA BATAILLE GEMBLOUX-CHASTRE (10 MAI 1940)

Le Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles,

  1. Vu le Décret du 13 mars 2009 relatif à la transmission de la mémoire des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité´, des crimes de guerre et des faits de résistance ou des mouvements ayant résisté´ aux régimes qui ont suscité´ ces crimes
  2. Vu le décret du 3 mars 2004 organisant l’enseignement spécialisé.
  3. Vu l’arrêté du 19 mars 1999 du Gouvernement de la Communauté française relatif à l’organisation et au fonctionnement des Commissions des programmes de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire.
  4. Vu l’arrêté du 23 juin 2004 du Gouvernement de la Communauté française relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Commission des programmes de l’enseignement secondaire spécialisé.

Demande au Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles :

  1. De charger le Conseil de la transmission de la mémoire de lui proposer une stratégie visant notamment à valoriser, au sein de notre enseignement, le travail de mémoire concernant les événements historiques survenus sur le territoire belge tels que, par exemple, la bataille de Gembloux-Chastre, ayant mis en lumière la dimension multiculturelle de la solidarité en temps de guerre ;
  2. De développer, sur la base de cette stratégie, des outils pédagogiques relatifs à la Bataille de Gembloux-Chastre, utilisant les différents vecteurs mémoriels, la littérature scientifique, la visite du Mémorial, des recherches déjà existantes ou tout autre support qui puisse être validé par l’Inspection pédagogique. Ces outils pourraient avoir les formes les plus diverses (site internet, plaquette pédagogique, visionnage de témoignage, etc.).
0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *