Recyclage des pneus : peut encore mieux faire !

Question à M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal, sur « le recyclage des pneus ».  Dans son rapport annuel, Recytyre confirmait que la Belgique est championne de recyclage de pneus. Malgré cette nouvelle très positive, près d’un pneu sur cinq finit tout de même par alimenter les fours à ciment.

Dans un rapport sur la co-incinération des déchets en cimenterie, Inter-Environnement Wallonie expliquait que « le tonnage incinéré, et surtout le débit de fumées sortantes, font que l’apport global du secteur cimentier sur les concentrations en certains polluants au niveau local ou régional peut s’avérer problématique ». Peut-on mesurer l’impact environnemental des 20% de pneus utilisés comme combustible en cimenterie en termes notamment d’émission de CO2 ?

Quelle est la vision de Monsieur le Ministre pour l’avenir afin d’améliorer encore davantage le recyclage plutôt que la combustion des pneus ? Derrière l’obligation de reprise des pneus usagés, la filière semble toujours être à la recherche de débouchés alternatifs et positifs pour les granulats de pneus, les prix actuels étant trop bas. Quelles pistes sont envisagées pour ces granulats ?

D’une manière générale sur le recyclage des pneus, quel pourcentage des pneus a été recyclé et valorisé sur l’année 2015 et quel est le taux de collecte en Wallonie ? Aussi, en matière de gestion des déchets au niveau local, peut-on estimer la part de pneus dans les déchets sauvages qui jonchent les routes et qui sont abandonnés dans les bois et nos communes ? Coté agriculteurs, il n’est pas rare de retrouver des stocks très importants de pneus servant en principe à couvrir les andains.

Il arrive aussi que des tas complémentaires soient stockés, à l’abandon, près de certaines exploitations agricoles. A-t-on idée des quantités de pneus usagés ainsi non valorisées et leur destination finale ?

Réponse de M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. L’obligation de reprise des pneus découle historiquement de la nécessité de mettre en place une filière structurée et légale de collecte et de traitement des pneus, et ce en dehors de toute imposition européenne.

Les producteurs de pneus, et par conséquent l’organisme de gestion de l’obligation de reprise des pneus usagers, doivent respecter un double objectif environnemental : minimum 55 % de recyclage et maximum 45 % de valorisation énergétique. Le taux de valorisation énergétique effectif a régulièrement diminué entre 2005 et 2013, passant de plus de 50 % à moins de 15 %. Il est remonté en 2015 à un peu moins de 20 %.

  • Le réemploi atteint pour 2015 est de 10,78 % ;
  • Le rechapage 5,94 % ;
  • le recyclage matière 63,40 % ;

Soit une valorisation matière totale de 80,12 %.

L’essentiel du traitement est assuré à l’étranger. J’estime cependant que le développement des obligations de reprise doit déboucher sur le développement d’activités et de valeur ajoutée dans notre région, et doit s’inscrire dans une perspective d’amélioration de l’impact environnemental du traitement des déchets. Les projets de recherche et de développement doivent s’intensifier et doivent pouvoir se concrétiser en Wallonie.

Recytyre mène actuellement une étude sur l’évaluation de l’impact environnemental des techniques de traitement des pneus usagés en Belgique. Celle-ci consiste en une analyse du cycle de vie des techniques utilisées actuellement et des techniques potentielles, dont le chauffage urbain et le rubber asphalt. Cette étude se base sur les données 2015 et devrait faire l’objet d’une revue critique en 2017. Concernant l’impact du traitement énergétique dans les installations cimentières, les conditions des permis d’environnement des installations cimentières reprennent des impositions strictes au niveau des émissions atmosphériques et les normes à l’émission s’appliquent quel que soit le combustible utilisé. Pour assurer la collecte des pneus usagés, soit 25.586 tonnes en 2015, 6.000 points de collecte sont enregistrés par Recytyre et collaborent avec 44 collecteurs.

Recytyre collabore régulièrement avec les intercommunales wallonnes, d’une part, pour intervenir dans les frais de collecte des pneus de silos des agriculteurs et, d’autre part, pour reprendre les pneus dans le réseau des recyparcs. Le cadre des obligations de reprise vient d’être revu par le Parlement, et il convient de s’atteler aux mesures d’exécution. En lien avec la problématique des déchets sauvages, le décret prévoit désormais l’obligation pour les producteurs de participer à la politique régionale de lutte contre les incivilités et les abandons de déchets.

Une évaluation de la problématique au niveau spécifique des pneus permettra de déterminer les mesures à prendre.

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