Les résultats de l’étude Expopesten

Question du 23 janvier à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Je sais Monsieur le Ministre particulièrement sensible à la problématique des pesticides, à une époque où l’on commence à désigner certaines voiries comme des « rues à cancers ». Je ne peux d’ailleurs que saluer sa démarche approuvée par le Gouvernement et visant à lancer une nouvelle étude qui permettra de déterminer de quelle manière nous sommes exposés aux pesticides en Wallonie.

Je voudrais cependant revenir sur les résultats de l’étude « Expopesten » initiée en 2014 pour trois années et qui a été menée à la fois par le CRA-W et l’ISSeP, visant à déterminer la présence de pesticides dans l’air respiré par les Wallons, tant à la ville qu’à la campagne.

Les résultats de cette étude semblent n’être toujours pas disponibles, au motif que le rapport final ne serait pas encore rédigé.

D’aucuns évoquent pourtant des conclusions sans surprise qui ne feraient que confirmer dans des proportions comparables à ce qui a déjà été observé en France, en Espagne et au Luxembourg, la présence de pesticides dans l’air que nous respirons.

Dans une réponse à certaines de mes collègues, en octobre 2017, Monsieur le Ministre indiquait être interpellé, dans les résultats qui lui avaient déjà été communiqués, par la concentration particulièrement élevée, outre à proximité des cultures, dans les centres urbains. Vous deviez rencontrer les chercheurs de l’ISSeP pour faire le point sur le projet.

Monsieur le Ministre peut-il désormais nous communiquer une date de publication du rapport final ? En attendant, pourrait-on déjà utiliser certaines données afin qu’elles servent de référence pour mener des études comparatives dans certains endroits ?

Peut-il nous donner d’autres précisions sur les résultats intermédiaires ?

Peut-il nous indiquer si des concentrations importantes de substances reconnues comme des perturbateurs endocriniens, ont été relevées ?

Des mesures drastiques et urgentes ne doivent-elles pas être imposées à très court terme ?

Réponse de Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

L’étude EXPOPESTEN a été réalisée entre 2014 et 2017. Son but était d’évaluer l’exposition des Wallons aux pesticides présents dans l’air. Lors de cette étude, les concentrations en pesticides dans l’air ont été mesurées pendant un an dans 12 localités wallonnes sélectionnées de manière à représenter différentes situations d’usage des pesticides (zones de grandes cultures, cultures fruitières, cultures maraichères, élevages, zones de parcs et jardins, zones de non-usage professionnel, zones de loisirs et zones urbaines).

Les résultats complets de cette étude ne sont effectivement pas encore publiés, mais ils montrent que les concentrations en Wallonie sont plus élevées dans les zones de cultures intensives ou fruitières et qu’elles sont semblables à celles constatées dans d’autres pays comme en France. Le rapport final est en cours de finalisation par l’ISSeP et sera évidemment disponible dès son approbation finale, comme c’est le cas dans toute autre étude.

Dans le second volet d’EXPOPESTEN, des mesures des pesticides dans l’urine d’enfants de 0 à 12 ans ont été effectuées. Si une corrélation positive apparaît entre la concentration dans l’urine et l’usage domestique de pesticides, le lien entre le lieu de résidence et la distance par rapport au champ doit encore être analysé. Les résultats dans l’urine montrent qu’il est peu fréquent de retrouver les molécules initiales pulvérisées et qu’un travail de recherche des métabolites dans le corps humain est nécessaire pour mieux appréhender l’exposition interne aux pesticides.

Il est important de bien comprendre l’importance de ces données de référence dans l’air et dans l’urine à l’échelle de la Wallonie pour pouvoir ensuite effectuer des comparaisons dans l’air et dans l’urine pour des populations cibles a priori plus exposées. Les données dans l’air qui ont été obtenues constituent une bonne base de référence, car elles ont été collectées durant une année complète. Les données de biomonitoring (urine d’enfants) sont beaucoup moins robustes étant donné qu’il s’agit de données issues d’échantillons d’urine ponctuels.

Les résultats d’EXPOPESTEN vont donc directement servir utilement dans la nouvelle étude PROPULPPP. Cette étude, décidée fin d’année dernière par le Gouvernement, va être menée en 2018 et se focaliser sur les zones et les populations situées en bordure de champs.

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