Le soutien à la fondation « Anna Lindh »

Question à M. Rudy Demotte, ministre-président, intitulée «Soutien à la Fondation Anna Lindh». La Fondation Anna Lindh, du nom de l’ancienne ministre suédoise des Affaires étrangères morte poignardée, a été créée en 2005 par les États membres du Partenariat euro-méditerranéen (Euromed). Cette fondation a pour but de favoriser les échanges interculturels et de mettre en œuvre des projets communs entre les organisations de la société civile des 42 pays de la région euroméditerranéenne.

En Belgique, il existe un réseau d’organisations actives notamment dans les domaines de l’enseignement, de l’art, de la culture, de l’égalité entre les hommes et les femmes, des médias, des universités. Ces compétences ne sont pas sans rappeler celles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Depuis le 1er janvier 2013, l’Institut MEDEA, l’Institut européen de recherche sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe, remplace officiellement la Fondation Roi Baudouin en tant que chef de file du réseau belge. Les relations entre l’Europe et les pays du Maghreb sont un enjeu crucial dans lequel la Belgique doit jouer un rôle. Ça n’est pas vous qui me contredirez, Monsieur le Ministre-Président, vu vos récents voyages au Maroc et en Tunisie. Il me semble que la réussite de ces relations doit, entre autres, passer par le soutien à des initiatives de la société civile.

D’après mes informations, WallonieBruxelles International (WBI) a déjà joué par le passé ce rôle de soutien en subventionnant la Fondation Anna Lindh. Quel montant lui a-t-elle octroyé? Est-ce encore le cas aujourd’hui? Si oui, comment sont valorisées ces contributions? Sinon, pour quelles raisons les a-t-on supprimées? A-t-on procédé à une évaluation? Les moyens financiers ont-ils été réorientés vers d’autres actions au bénéfice des mêmes cibles et des mêmes secteurs? Si oui, lesquelles?

Réponse de M. Rudy Demotte, ministre-président. La Fondation Anna Lindh a été créée en 2005. Elle a tissé un réseau qui compte 4.000 organisations de la société civile et a pour objet l’organisation d’actions portant sur la perception réciproque des populations de différentes cultures et croyances. Le réseau belge regroupe des organisations actives dans des domaines variés: l’art, la culture, la jeunesse, l’éducation, la démocratie, le développement local, les droits de l’homme, la migration, le patrimoine, les médias ou encore les religions.

L’Institut MEDEA assure, en tant que chef de file, la coordination des activités du réseau belge. Depuis plusieurs années, la Belgique contribue au financement de la Fondation Lindh en répartissant de manière égale l’effort entre l’État fédéral, la Communauté flamande et la Communauté française. Pour la programmation 2009-2011, cela représentait un montant
annuel de 24 000 euros pour chacune des parties engagées contre 25 000 par an pour la période 2012-2014. Parallèlement, on a constaté de manière générale une diminution de la contribution des États membres. En 2015, la Communauté flamande a décidé de ne plus contribuer au financement de la Fondation Lindh et le SPF Affaires étrangères a également fortement réduit son soutien.

À la suite de ces retraits et des restrictions imposées à WBI, la Fédération Wallonie-Bruxelles a à son tour décidé en octobre 2015 de ne plus subventionner la Fondation à partir de 2016. Cela étant, nous poursuivons des programmes de soutien concrets à travers nos politiques multilatérales et bilatérales, exactement dans les mêmes matières. Je vais les repréciser, afin de ne pas me contenter de simples mots et en me basant sur des faits.

De manière bilatérale, il a ainsi été décidé avec les partenaires de donner, d’une part, la priorité aux programmes d’éducation et
d’enseignement, y compris la formation, et, d’autre part, d’orienter nos aides vers l’environnement et le développement durable. Dans cette optique, 32 projets ont été repris dans le programme de travail 2015-2017 avec le Maroc et 28 dans le programme 2016-2018 avec la Tunisie. WBI coopère également avec la Palestine, notamment sur la question du patrimoine, et soutient des projets directs de la société civile. Nous avons actuellement six projets en cours au titre de la coopération bilatérale indirecte, cinq en Palestine et un au Maroc.

En ce qui concerne le financement fédéral, l’accord de partenariat et de coopération (APC) accompagne au Maroc un important programme de promotion de l’entrepreneuriat féminin, qui tend à se développer dans la région et auquel nous accordons beaucoup d’importance. Sur le plan multilatéral, deux des huit institutions de la Francophonie sont directement concernées par le soutien que nous apportons, en tant que Belges francophones, aux pays du pourtour méditerranéen.

D’une part, cela vise les 36 bourses que la Fédération Wallonie-Bruxelles attribue annuellement à l’Université Senghor d’Alexandrie. Nous avons été les premiers à le faire. L’objectif est de permettre la prise en charge d’étudiants issus de neuf pays partenaires, dont le Maroc et la Tunisie. D’autre part, sur la base du budget wallon, nous sommes, depuis 2012, les premiers bailleurs de fonds du Programme de promotion de l’entrepreneuriat des jeunes (PPEJ) et de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la francophonie (CONFEJES), que j’ai déjà citée à plusieurs reprises. Chaque année, dans le cadre de ce programme, une vingtaine de projets de microentreprises sont introduits par des jeunes Marocains et Tunisiens. Ce succès est croissant.

Réplique de Véronique Waroux. Ce soutien à la société civile est effectivement à valoriser et à faire connaître davantage. Du côté de la Fondation, on va voir s’il y a des réactions spécifiques. En tout cas, je vous félicite pour l’ensemble des soutiens apportés aux pays concernés.

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