La stérilisation des chats ou la disparition du chat de gouttière ?

Question à M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal, sur « la disparition du chat de gouttière ».  Ce sujet me touche. Monsieur le Ministre, grâce à Gaïa, plus personne n’a d’excuse pour ne pas vous souhaiter votre anniversaire. Au-delà du coup de marketing de l’association, cette campagne a mis en lumière une problématique sérieuse : la surpopulation de chats non désirés et la bien courte vie de la plupart d’entre eux, entre les maladies dont souffrent les chats errants et les euthanasies en refuge pour les abandons, quand ce n’est pas la mise à mort de chatons par des moyens brutaux par des particuliers, comme le faisait mon grand-père.

Vous avez annoncé une mesure réclamée et très attendue de la part des associations de défense des animaux : la stérilisation obligatoire de tous les chats y compris ceux de particuliers et à l’exception de ceux destinés à l’élevage, au printemps 2017. Si nous ne pouvons que saluer la mesure pour le bien-être de ces animaux, nous pouvons tout de même nous interroger sur les implications de celle-ci sur le long terme. Comment sera mise en place et contrôlée cette obligation ?

Les vétérinaires auront-ils une obligation d’information-délation ? Qu’adviendra-t-il de l’espèce « chat de gouttière » aussi appelée « chat domestique commun » ? Sans répondre aux exigences et standards de leurs homologues anoblis, les chats communs tout-venant offrent une diversité d’yeux, de robes et de morphologie épatante. Ne faut-il pas craindre pour la raréfaction du patrimoine génétique de ces chats ? On sait que les animaux à pedigree sont, en général, moins résistants aux maladies et vivent moins longtemps que les bâtards, quand ils ne sont pas déjà déréglés génétiquement par l’intervention humaine visant à l’embellissement de chats.

J’ai eu des chats persans, ils perdaient carrément tous leurs poils, ils finissaient nus comme des sphinx tellement ces races étaient dégénérées. Ne sera-t-il plus possible d’adopter gratuitement un animal de compagnie pour les personnes qui n’en ont que faire du pedigree, mais cherchent simplement un compagnon à choyer ?

Ne risquons-nous pas de créer une commercialisation à outrance de cet animal ? À l’instar des chiens, de se retrouver avec des races spécifiques de chatons et la réduction, voire l’extinction programmée, de chats de gouttière, pourtant compagnons de vie chéris depuis des siècles ? Ou bien s’agit-il d’une mesure transitoire, jusqu’à obtenir une diminution significative de la quantité de chats de gouttière sur notre territoire ? Si tel est le cas, pouvez-vous nous donner les chiffres de la population estimée actuelle ainsi que l’objectif à atteindre pour envisager une réversibilité de la mesure ?

Réponse de M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. Madame la Députée, la mesure vise la stérilisation obligatoire de tous les chats domestiques avec lesquels on ne souhaite pas faire de l’élevage. Tout propriétaire devra faire stériliser son chat avant l’âge de six mois. Cette formule fait peser le coût de la stérilisation non plus sur le cédant, mais sur l’acquéreur.

Contrairement au système actuel qui génère énormément d’abandons de chatons dans les refuges, dans le meilleur des cas. Pour les chats nés avant l’entrée en vigueur, une période transitoire d’environ deux ans est prévue. Afin d’obtenir un résultat positif le plus rapidement possible, on ne peut se contenter de rendre la stérilisation obligatoire uniquement pour les chats à naître. Dans un tel cas, nous ne pourrions espérer une réelle baisse des statistiques qu’après une durée de 10 à 15 ans, durant laquelle plus d’une centaine de milliers de chats seraient euthanasiés.

Il n’est pas question d’éradiquer le chat de gouttière. L’objectif est de rendre obligatoire la stérilisation jusqu’à une amélioration de la situation de la surpopulation féline. Il s’agit bien d’une solution transitoire. Parmi les chats recueillis par les refuges, la moitié de ceux qui ne sont pas rendus à leur maître doivent être euthanasiés. Il s’agit d’arriver à un équilibre entre les abandons et les adoptions en refuge. Enfin, il sera toujours possible d’adopter gratuitement un animal de compagnie en se rendant dans un refuge agréé.

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