Quelles suites réservées à la résolution en soutien à la Tunisie ?

Question à M. Rudy Demotte, Ministre-Président, sur les « suites réservées à la résolution prise en soutien à la Tunisie ».  Le 27 mai 2015, notre Parlement adoptait une résolution visant à soutenir la Tunisie dans la consolidation d’un Etat de droit. En effet, suite à la fin de la dictature de Ben Ali, le 14 janvier 2011, les tunisiens ont mené à bien un processus de transition politique. Cela les a conduits à adopter une constitution ainsi qu’à élire un Président et un gouvernement.

Malheureusement, avant Bruxelles et Paris, la Tunisie (comme bien d’autres régions du monde) a dû faire face au terrorisme. Je sais combien vous avez voulu soutenir la consolidation de la démocratie dans ce pays en dépit des menaces bien réelles qui pèsent toujours sur son économie qui compte beaucoup sur le tourisme étranger. Je me rappelle d’ailleurs de votre dernière visite sur place quelques jours après l’attaque du musée Bardo.

En 1 an et demi, le temps a passé et la Tunisie, est (heureusement, serai-je tentée d’ajouter) sortie des feux de l’actualité internationale. Cela étant, ça n’est pas pour autant que nous devons suspendre les liens qui nous unissent et le travail que nous nous sommes fixé en commun. En décembre 2015, la coopération mixte permanente sur la coopération entre la Tunisie et la Fédération Wallonie-Bruxelles avait d’ailleurs établi un programme triennal de coopération.

Monsieur le Ministre-Président, qu’en est-il du soutien que la Fédération Wallonie-Bruxelles apporte à la Tunisie ? Quelles ont été les suites réservées à notre proposition de résolution ? Au niveau multilatéral (je rappelle qu’un sommet de l’OIF doit se tenir prochainement), avez-vous pu plaider la cause des Tunisiens ? Au niveau bilatéral, quelles ont été les premières concrétisations du programme triennal 2016-2018, je pense notamment à la coopération universitaire et scientifique et au renforcement du pluralisme médiatique ?

Réponse de M. Rudy Demotte, Ministre-Président. La sixième commission mixte conforte nos préoccupations communes autour de la promotion des valeurs universelles et d’un soutien concret de la Fédération Wallonie-Bruxelles au processus de consolidation démocratique en Tunisie.

Sur le plan du bilatéral, cette nouvelle programmation consolide notre coopération académique et scientifique. À titre d’exemple, nos universités accueillent aujourd’hui une soixantaine de doctorants tunisiens.

Cette coopération universitaire est aussi valorisée dans le cadre de programmes multilatéraux, tels qu’Horizon 2020 ou Erasmus Plus pour la mobilité et d’autres programmes internationaux. En outre, en septembre dernier, une mission de l’Ares s’est rendue en Tunisie pour dynamiser encore nos relations interuniversitaires.

On notera aussi qu’un certain nombre de projets de coopération universitaire s’inscrivent dans une dynamique d’association d’acteurs de la société civile, comme ceux visant l’entrepreneuriat féminin ou la gestion du secteur de l’eau.

Parmi les autres secteurs de notre coopération, on se souviendra que, dès 2011, la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déployé des programmes d’échange et de formation à l’adresse de jeunes professionnels du journalisme et des médias.

Nous restons aujourd’hui particulièrement attentifs à ce secteur des médias et au rôle qu’il a à jouer dans la société tunisienne.

Ainsi, du 20 au 24 novembre prochain, une délégation de la Haute autorité indépendante de la Communication audiovisuelle tunisienne (HAICA) sera en visite au Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Elle rencontrera également des acteurs institutionnels (dont l’Administrateur général de la RTBF), médiatiques et issus du monde associatif en lien avec l’égalité homme-femme et la diversité dans les médias.

Par ailleurs, dans le domaine de la coopération culturelle, nous soutenons la professionnalisation des acteurs culturels tunisiens et sommes actifs dans les programmes européens.

Sur le plan du multilatéral, l’action de la Francophonie mérite effectivement d’être redynamisée en Tunisie, à la lumière du contexte géopolitique, culturel et linguistique régional.

Au-delà des programmes européens, notre investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche devrait s’articuler davantage avec les objectifs et programmes d’échange de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

De manière plus générale, les projets et programmes de la Francophonie devraient être mieux appropriés par la diversité des acteurs tunisiens. Nous pouvons donc nous réjouir de l’installation prochaine d’un Bureau régional de l’OIF à Tunis qui devrait renforcer cette perspective. De même, je salue le choix de la Tunisie pour accueillir, après le rendez-vous de Liège, le Congrès mondial des professeurs de français, en 2020.

Enfin, la sélection de la Tunisie pour l’organisation du Sommet de la Francophonie en 2020 est un autre signe d’engagement multilatéral aux côtés de l’expérience démocratique dans ce pays. C’est également un geste clair pour la promotion de nos valeurs communes et de nos politiques de coopération dans la région et le monde arabo‑musulman.

En synthèse, je dirai qu’au regard de l’histoire récente de la Tunisie, notre coopération bilatérale connaît un élan qualitatif qui s’inscrit dans une dynamique d’ensemble à l’échelle du Maghreb.

Les opportunités de coopération tri ou quadrilatérale existent, même dans des contextes évolutifs différents. Nous sommes donc attentifs à les favoriser, pour autant qu’elles apportent une valeur ajoutée et qu’elles soient bénéfiques à toutes les parties. Enfin, il va sans dire, que je n’ai pas manqué de charger WBI et notre Délégué en poste à Tunis de se mobiliser pour soutenir la concrétisation du protocole d’accord signé, l’an passé, par le Président de notre Parlement avec l’Assemblée des Représentants du peuple tunisien.

Comme vous pouvez le constater, le soutien que porte la Fédération Wallonie-Bruxelles à la Tunisie est donc loin de faiblir, ce qui, je pense, vous réjouira autant que moi.

 

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