Le suivi archéologique du projet Seine-Escaut

Question du 5 Décembre à Monsieur COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

J’avais déjà pu interroger Monsieur le Ministre lors d’une précédente question sur l’accompagnement par les services de la DG04 du chantier d’élargissement de l’Escaut à Tournai. Je souhaite faire le point sur deux lieux précis.

Des équipes de la DG02 réalisent actuellement des forages préalables au coulage des piliers sur lesquels s’adossera le nouveau quai. Ces forages traversent le lit initial du fleuve, de ce fait, contiennent probablement un riche matériel archéologique.

Monsieur le Ministre peut-il m’indiquer si les terres extraites dans le cadre de ces forages sont analysées par les services archéologiques ?

Il m’avait indiqué qu’une présence permanente d’archéologues est prévue lors de la phase des terrassements visant la démolition des quais. Dans ce cadre, un suivi particulier est-il prévu pour l’emplacement du Pont-à-Pont, où se trouvait le plus ancien pont médiéval de pierre de Tournai, dit le « Pont neuf » ?

Réponse de Monsieur COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Complémentairement à la réponse apportée à la précédente question de l’honorable membre sur le sujet, voici les informations techniques quant aux deux points soulevés à présent.

La technique du forage broie tous les sédiments et les remonte à la surface sous forme concassée. À l’exception d’objets de petite dimension qui pourraient rester intacts à la suite de ce procédé, il est impossible de récolter des biens archéologiques, qui plus est privés de tout contexte, dans les terres issues de ces forages. Outre les problèmes de sécurité liés au fonctionnement de ces machines, toute surveillance de ce travail ou tout tamisage de ces boues représenterait un investissement humain disproportionné par rapport au résultat escompté.

Par ailleurs, il est utile de rappeler que l’archéologie n’est pas une chasse aux objets ou aux trésors, elle vise à étudier des pans complets de l’histoire d’un lieu dans des stratigraphies en place et ne consiste pas en une collecte d’objets hors contexte.

Quant au suivi des travaux au Pont-à-Pont où est prévu le remplacement du pont, le Département du patrimoine peut confirmer qu’une intervention aux abords de ce pont est bien prévue lors de la démolition des quais. En effet, le pont actuel construit dans les années 1940 ne se trouve pas exactement dans l’axe de la voirie et du pont primitif. Cet axe de circulation est connu depuis l’Antiquité ; la possibilité de mettre au jour des vestiges d’un pont remontant à l’époque romaine n’est pas exclue et a été prise en compte.

Par contre, il s’avèrerait inutile de suivre le remplacement même du pont puisque les piles du pont actuel ont déjà perturbé les niveaux archéologiques.

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