Un décret pour promouvoir les groupements d’animation commerciale

Depuis plusieurs décennies, le secteur du commerce connaît de profondes mutations. Parmi celles-ci, il faut souligner le développement de grands centres commerciaux péri-urbains et l’évolution même de l’activité commerciale par le développement de l’e-commerce et l’intégration d’activités para-commerciales, telles que des animations festives dans les centres commerciaux, l’intégration de zones de loisirs et l’émergence de nouveaux concepts tels que le « fun shopping ».

Face à la structuration très forte des grands complexes commerciaux, souvent péri-urbains, et basée dès sa conception sur une offre intégrée de services commerciaux et d’activités d’animation connexes, les centres-villes ont progressivement formulé des réponses. Celles-ci ont pris des formes variées de collaboration, le plus souvent à l’initiative de commerçants d’un quartier, bénéficiant selon les cas d’un appui des autorités. Ces associations de commerçants se trouvent toutefois confrontées à des difficultés d’organisation, de convergence des intérêts ou encore à la faiblesse du financement des initiatives.

Confrontés aux mêmes défis, plusieurs pays anglo-saxons (à l’exemple entre autres du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni) ont mis sur pied une réponse originale par le biais de structures sui generis chargées d’assurer l’animation et la promotion des commerces d’un périmètre urbain déterminé considéré comme formant un tout. Ces organisations ne sont pas créées par les pouvoirs publics mais reposent sur l’initiative d’une majorité des acteurs commerciaux locaux concernés. Cette initiative, encadrée par une législation, permet, sur la base d’une décision des autorités locales, d’octroyer à cette organisation des prérogatives lui permettant d’assurer un financement collectif d’activités bénéficiant à l’ensemble des commerces du périmètre concerné.

Cette intelligente combinaison d’une organisation privée bénéficiant d’une reconnaissance publique lui permet d’agir au nom de l’intérêt commun des commerces du périmètre concerné. Elle a permis de doter les centres villes ou les quartiers commerciaux de grandes villes d’outils d’animation commerciale capables de rivaliser avec la force d’attractivité des grands centres commerciaux intégrés. Au Canada, ces organismes ont été initiés au début des années 1980. Au Québec, ils portent l’appellation de Société de développement commercial (SDC) et prennent la forme d’une association privée sans but lucratif. On en compte actuellement une quarantaine pour la province de Québec. D’autres pays ont suivi dans cette voie dont les États-Unis, le Royaume-Uni ainsi que les Pays-Bas et également dans 6 des 16 länders allemands.

La présente proposition de décret a pour objet de permettre la mise en place de telles structures en Région wallonne. Déposée à l’initiative de mon collègue François Desquesnes, je l’ai cosignée avec les députés Marie-Dominique Simonet, Véronique Salvi, Clotide Leal Lopez et Josy Arens.

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