La vétusté du réseau de distribution d’eau en Wallonie et le surcoût facturé aux consommateurs

Question du 14 Novembre à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Selon la Confédération construction wallonne, les pertes d’eau sur le réseau étaient estimées à 48 piscines olympiques par jour en 2014. Concrètement, 4.500 litres d’eau se perdent dans la nature par kilomètre de canalisation du réseau wallon, fort de 40.100 km.  » Tous ces volumes d’eau perdus ont été initialement produits, et donc le coût de production de ces mètres cubes perdus est répercuté sur la facture d’eau payée par le consommateur », souligne la CCW.

« Pour la CCW et la Fédération wallonne des entrepreneurs de voirie, les producteurs-distributeurs d’eau potable ne peuvent se satisfaire d’un taux de perte d’environ 25% et d’un réseau vieillissant. CCW et FWEV invitent donc les autorités régionales à fixer des objectifs en matière de fuites d’eau acceptables et demandent aux sociétés productrices et distributrices d’eau potable de consacrer les moyens nécessaires pour lutter contre les fuites d’eau et la vétusté des canalisations », souligne la CCW.

« Le coût de ces fuites d’eau, répercuté sur la facture du consommateur wallon, serait de 17 à 170 millions d’euros par an. Soit un surcoût facturé à ce consommateur wallon »

Monsieur le Ministre pourrait-il donner l’âge moyen des conduites d’eau en Wallonie  ?

Pourrait-il nous donner le programme des travaux de réfection menés au cours de ces 20 dernières années tant de la part de la SWDE que des différentes régies communales  ?

En effet, certaines communes wallonnes sont toujours propriétaires de leur réseau d’eau. Les investissements pour palier la vétusté et les analyses sont énormes. Monsieur le Ministre compte-t-il accélérer le processus de reprise de ces réseaux par la SWDE  ?

Pourquoi une fourchette d’estimation aussi imprécise (entre 17 et 170 millions d’euros) de surcoût  pour le consommateur ? Pourrait-il apporter des précisions sur ces estimations  ?

Réponse de Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Les estimations de coûts fournies par la Confédération de la Construction sont fantaisistes. Il est étonnant de constater la méconnaissance de la Confédération de la construction et des voiristes de leurs clients (opérateurs de l’eau) et de la réalité chiffrée.

En se basant sur les plans comptables de l’eau remis au Comité de contrôle de l’eau, le surcoût de production d’eau lié à un volume produit, mais non enregistré s’élèverait à 22 centimes (15 centimes en taxes, et 7 centimes en réactifs de traitement et énergie). Ainsi, le coût total serait de 14 millions euros. Or, le volume consommé étant de 155 millions de m³ par an, c’est donc un surcoût par mètre cube distribué de 9 centimes d’euros qui peut être imputé à ces pertes, loin donc des 1 ou 3euros/m³ énoncés dans la presse.

En comparaison, il faut rappeler que les distributeurs d’eau investissent chaque année de l’ordre de 100 millions d’euros dans le renouvellement de leur réseau, ce qui permet une stabilité de l’état du réseau.

Le réseau de distribution de la Flandre est bien plus récent qu’en Wallonie, on ne peut donc pas comparer les deux Régions à ce sujet.

Par ailleurs, tant l’indicateur de perte que le taux de renouvellement des infrastructures sont des indicateurs de performance remis chaque année au Comité de contrôle de l’eau afin de permettre de juger de la politique d’investissement des distributeurs. Le Gouvernement wallon suit donc ce sujet avec attention, et ce depuis de nombreuses années.

L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre les coûts liés au surcoût de production et le coût des investissements nécessaires pour renouveler les réseaux. Ce juste milieu est d’ailleurs prôné par l’Union européenne sous le vocable de Sustainable Economic Level of leakage, qui n’est pas un objectif « 0 perte ».
À titre d’exemple, pour la SWDE :
– l’âge moyen des conduites est de 47 ans ;
– le pourcentage de renouvellement est de 0,8 % par an ;
– l’Indice linéaire de perte (ILP) visé pour 2022 est de 4,40 m³/j/km, il est actuellement de 5,06 ;
– la recherche de fuite implique 70 personnes, avec quelque 12.000 fuites réparées par an.

La priorité aujourd’hui pour la Wallonie est de terminer l’assainissement des plus petites agglomérations et de sécuriser l’approvisionnement en eau dans toutes les régions de Wallonie, quel que soit l’opérateur. Cela peut passer par la rationalisation du secteur de l’eau, comme repris dans la Déclaration de politique régionale.

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