La vision d’avenir de WBI par son administratrice générale

Question  à M. Rudy Demotte, Ministre-Président, intitulée «Vision d’avenir de WBI par son administratrice générale». À l’occasion de la parution du rapport d’activités 2015 de Wallonie-Bruxelles International, son administratrice générale, Mme Delcomminette, a exprimé deux idées qu’elle voudrait développer pour l’avenir. La première concerne le couplage entre les matières culturelles et les matières économiques. On peut en effet concevoir que des responsables d’entreprises wallonnes ou bruxelloises puissent faire des affaires en côtoyant leurs homologues étrangers lors d’une exposition, d’un concert ou de je ne sais quel autre événement culturel. De quelle manière WBI peut-il contribuer à favoriser cet environnement favorable ?

Comment cela a-t-il été fait par le passé ? Y a-t-il des objectifs concrets pour l’avenir ? La seconde idée avancée est celle de la représentation de la Belgique francophone au sein de l’Union européenne. Selon Mme Delcomminette, notre délégation doit y être renforcée. Elle estime qu’à l’instar de la Flandre, des agents de la Région wallonne devraient s’y ajouter. Qu’en pensez-vous ? Comment la délégation est-elle composée à l’heure actuelle ? Quels sont vos contacts à cet égard avec votre collègue du gouvernement wallon ?

Réponse de M. Rudy Demotte, Ministre-Président. Les deux idées développées par l’administratrice générale de WBI à l’occasion du rapport d’activités 2015 portent sur le cadre de priorité de la note de politique internationale. J’ai déjà eu l’occasion de la présenter ici. Concernant les synergies entre les matières culturelles et économiques, il est clair qu’il s’agit de profiter au maximum des opportunités offertes par les différents acteurs. Cette volonté n’est évidemment pas neuve.

Depuis longtemps, WBI profite, par exemple, de la présentation d’une exposition, d’une troupe de théâtre ou d’un chanteur pour organiser conjointement avec l’AWEX des événements de valorisation où sont conviés les partenaires économiques. Ce qui est nouveau, c’est que WBI va chercher des rapprochements systématiques. L’administratrice générale a écrit en ce sens aux grands opérateurs culturels de la Fédération Wallonie-Bruxelles et les réponses reçues sont très largement positives.

Récemment, WBI et l’AWEX ont organisé un atelier sur cette question dans le cadre des journées diplomatiques, qui réunissent tous les deux ans l’ensemble des acteurs WBI. Il s’agit des délégués, des conseillers, des attachés économiques et commerciaux, des coordinateurs de programmes APEFE et des agents de liaison scientifique. De grands professionnels et des représentants d’importantes institutions culturelles, dont le cinéaste Jaco Van Dormael, y ont confirmé leur ouverture quant à une collaboration en ce sens. Les débats ont d’ailleurs révélé tout l’intérêt pour le secteur culturel de s’ouvrir aux acteurs économiques en exposant les retombées qu’ils pouvaient en espérer. Pour atteindre cet objectif, WBI et l’AWEX travaillent à la mise en place d’une plate-forme qui enregistrera les projets culturels d’une part, et les initiatives économiques et commerciales, d’autre part, dans le but de créer une émulation et des projets communs.

J’en viens donc à la situation de la délégation WBI auprès de l’Union européenne. Actuellement, cette représentation est composée de neuf unités et demie, à savoir deux diplomates, un délégué et une conseillère, six niveaux 1,5 et un niveau 2. À ces permanents s’ajoutent un niveau 1, détaché du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et un agent à 50 %, détaché du Service public de Wallonie, plus précisément de la Direction générale opérationnelle n° 3. Notre délégation est aujourd’hui dans une position qui implique – à l’inverse de la Flandre – les ministères sectoriels. En effet, à côté des agents permanents, tous les ministères flamands ont placé un ou plusieurs agents à la délégation, qui constitue pour eux un second poste de travail.

En fonction des matières, leur présence à la délégation est très variable, allant du temps plein – environnement, mobilité, emploi, affaires sociales – à un mi-temps, voire à un tiers-temps. Le lien avec leur département d’origine est donc fort. C’est là une différence d’approche. Comme l’administratrice générale de WBI, j’estime que cette situation doit changer. Les institutions européennes se trouvent à Bruxelles. C’est un énorme avantage pour nous organiser au mieux. J’ai la conviction que nous ne saisissons pas encore pleinement l’intérêt de cette situation. Les avantages de ces détachements administratifs à la délégation, même s’ils sont à temps partiel, sont évidents.

Prenons, par exemple, l’inscription dans l’organigramme de la représentation permanente belge, qui donne droit au badge d’accès territorial total aux institutions de l’Union, et ce dans un contexte de rationalisation des badges d’accès pour toutes les autres administrations. Autre exemple: la légitimité, non seulement à participer aux groupes de travail du Conseil, mais aussi à y être, le cas échéant, le représentant belge et à établir des rapports officiels du poste. Citons encore l’accès aux intranets, aux extranets spécialisés et au réseau Diplobel, les contacts réguliers avec les experts des autres niveaux de pouvoir installés à la représentation, la pleine participation aux coordinations de premier niveau, la participation aux réunions de staff de leur délégation et de la représentation permanente et, enfin, le développement d’une réelle expertise sur des processus qui construisent la sensibilité européenne, la prise en compte des questions européennes de manière prépondérante plutôt que résiduaire, sans oublier la possibilité d’avoir un impact plus réel sur l’écriture du droit européen en anticipant sa mise en œuvre.

Tout cela pour vous dire que la possibilité d’organiser ces détachements administratifs existe déjà, via l’arrêté ministériel régissant la carrière extérieure. Plusieurs administrations, tant au ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’au Service public de Wallonie, la DGE 3, ont déjà réagi positivement. Je puis donc vous confirmer que, tant à l’échelon politique que sur le plan administratif, nous entendons poursuivre en ce sens et que les contacts sont pris pour que tel soit le cas.

Réplique de Véronique Waroux. Monsieur le Ministre-Président, merci pour toutes ces informations. Je voudrais revenir sur le couplage culture/économie, qui paraît évidemment intéressant. Je me permets seulement d’insister pour que l’on évite, d’une part, une vision réductrice de la culture, qui serait subordonnée à l’aspect économique et, d’autre part, un recours à l’événementiel prétexte, en finançant des représentations d’artistes de prestige et en laissant de côté un niveau culturel plus accessible. Il s’agit d’éviter tant une vision réductrice de la culture, qui serait subordonnée à l’économique, qu’une vision événementielle de celle-ci qui s’accompagnerait du financement d’artistes de prestige en faisant l’économie de l’accessibilité.

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